Qu’est-ce que la ville moderne? Un espace individuel et collectif qui embrasse, protège, incorpore, enferme, limite, suffoque, déprime? Comment va évoluer le concept d’espace habité, auquel concourent institutions, architectes, urbanistes, artistes, sociologues mais, surtout, citoyens?
Sommes-nous donc à un tournant qui voit l’Europe, malgré le recul des institutions, traversée par un mouvement de fond, un ensemble de tribus urbaines composées par de jeunes générations en mouvement. Un mouvement global poussé par les possibilités du Réseau d’aller au-delà de n’importe quelle limite, de n’importe quelle barrière, par la mobilité qui donne Internet, par le nouveau concept d’espace circumnavigabile qui casse les perspectives géographiques, économiques, sociales. Les villes métropolitaines représentent le modèle le plus intéressant d’évolution parce qu’elles dépassent la conception de ville centralisée à travers l’extension vers de nouvelles périphéries qui prennent toujours plus le rôle de centres pointillés, par un continuum territorial du milieu bâti au milieu naturel, accompagnées par un sentiment d’enracinement local renouvelé. Nous avons demandé à Michel Maffesoli, le grand sociologue français qui a pris la chaire d’Emile Durkheim à la Sorbonne de Paris, de nous fournir une prévision sur l’avenir des villes et sur les développements possibles, une photographie d’ensemble des indicateurs qui vont nous faire passer dans l’ère postmoderne.
La dépression est le mal du siècle. L’Oms prévoit que, dans vingt ans, elle sera la maladie la plus diffusée au monde. Le bilan actuel est d’environ 800 suicides par an. Elle est plus diffusée que le cancer et le Sida. Dans quelle façon, l’homme est influencé par l’espace dans lequel il vit?
Dans son livre La renaissance d’Aphrodite Ginette Paris écrit: Les Arabes avaient compris déjà au IX e au X siècle qu’un jardin fleuri, la compagnie de poètes et de musiciens et de la bonne table étaient essentiels dans les lieux de soin. Dans notre civilisation, qui privilégie la puissante civilisatrice d’Apollon et néglige celle d’Aphrodite, la plupart des hôpitaux, des lieux de travail et souvent des maisons ressemblent plutôt aux casernes qu’aux temples d’Aphrodite. Je suis tout à fait en accord avec la citation de Ginette Paris, la collègue quebèquoise. Dans mon livre L’ombre de Dionysos j’avais montré que l’ombre de Dionysos allait se répandre sur les villes postmodernes. La dépression, ce mal être de vivre dans les villes, est quelque chose qui caractérise encore la modernité dans le sens classique du terme. Elle a commencé au XVIII° siècle et elle est en train de s’achever maintenant. Les temps modernes ont élaboré une ville parfaitement rationalisée où l’on avait évacué tout désordre, tout plaisir d’être et donc ce qui avait prévalu c’était le quantitatif, pas le qualitatif. Il s’agit d’une caractéristique de toutes nos villes occidentales, européennes et américaines du Nord, contrairement à celles qui sont en Extrême-Orient, en Amérique Latine. Elle était conçue d’une manière très rationnelle dans le sens d’évacuer les pulsions, les émotions, les passions, l’art dans le sens général du terme. L’analyse de l’OMS comprend donc ce genre de réalité urbaine.
Mais maintenant un changement qualitatif est en train de s’opérer. Dans tout mon travail, tout ce que j’ai essayé d’écrire dans mes divers livres, de L’ Ombre de Dionysos, Au Ré enchantement du monde. Morales, éthiques, déontologies, (Paris, éd. Table Ronde, 2007 ), à Apocalypse, (Paris, CNRS éditions, 2009), qui ont été traduits en Italien, j’ai essayé de démontrer que nous entrons dans un moment post -moderne: les jeunes générations ne veulent plus accepter ce schéma de rationalisme et cette conception qui s’est nourrie d’un humanisme tout à fait cartésien, d’un urbanisme qui est une négation de l’espace et que l’on voit de plus en plus contaminée par la vie sociale, par le retour du qualitatif, du plaisir, à l’espace. Toute la sensibilité écologique, même dans la nourriture avec l’exemple du Slow Food en Italie, quoique avec de retard institutionnel (on voit bien ce qui s’est passé à Copenhague) est très exemplaire de cela. Dans le fond il y a une lente démarche qui pousse à penser que l’on peut plus dévaster le monde, dévaster la terre, dévaster les villes. À mon avis cette jeune génération va être attaché à des lieux, va redonner de l’importance aux lieux urbains. Ainsi, dans ma ville, Paris, des lieux comme la fontaine de Saint Michel, le Parc des Princes pour le sport, Montmartre pour le théâtre et le plaisir deviennent des espaces fondamentaux d’un tissu social qui redécouvre la qualité de l’existence. Londres c’est exactement la même chose, Barcelone aussi. Vous pouvez trouver des quantités d’exemples.
Quelles Utopies circulent dans le nouveau millénaire?
L’utopie de redécouvrir la qualité de vie est en gestation. L’inversion a commencé à se cristalliser dans les années’80 quand on a pris conscience du qualitatif de l’existence. Mais, il y a eu des points annonciateurs dans les années’50 et’60. Les choses ont commencé à bouger déjà dans le post-modernisme architectural dans les années ’60 de l’architecte italo-américain Venturi – Robert Venturi, Philadelphia 1925 - le stylique de la même décennie, les révoltes juvéniles eu Europe. Je parle d’«utopique» parce que ce mouvement n’est pas majoritaire mais tout nos études de sociologie montrent qu’en particulier ces jeunes générations n’acceptent plus une conception quantitative, économique, financière de la vie sociale. Tout mon travail, et je ne suis pas le seul, est de démontrer des frémissements, des indices de ces utopies qui sont en train de contaminer le monde social. Maintenant l’exemple européen est intéressant. Par le biais du monde étudiant il y a une extraordinaire mobilité entre Bonn, Milan, Paris, Cologne, Rome, Helsinki, Bratislava. Cette mobilité, qui a des racines archaïques déjà au Moyen Age, revient et trouve un développement très fort grâce à l’informatique, à Internet. On voit bien ce processus de contamination, là où il y a une circulation d’informations, d’affections, de gens, c’est le retour de l’idée du Moyen Age plus Internet après la parenthèse moderne de trois, quatre siècles. Aujourd’hui on est en train de retrouver l’idée de circulation de la pré modernité plus internet. Donc on est en train de retrouver une “circumnavigation de l’espace”. L’italien Federico Casalegno, qui travaille au MIT à Boston, a repris mon idée de tribus comme précurseur. Donc l’Europe est traversée par ce “nomadisme tribal” grâce à Internet, une contamination importante qui est en gestation. Et c’est pour cela que je partager l’avis pas d’accord avec cette projection de la dépression. L’idée de la dépression est normale, je le comprends bien, si on reste dans le schéma de la ville moderne. Mais il y a quand même toute une série d’indices qui montrent qu’il y a une nouvelle manière d’occuper l’espace. La co-location des jeunes étudiants a une origine économique, de partager les frais. Mais cela engendre un style de vie nouveau: la vie communautaire, je dis tribale, de la “tribus urbaine”. Et ce développement des tribus urbaines redonne une qualité de vie, comme écrite Ginette Paris. C’est un peu l’idéal de vie de Heidegger «l’homme habite en poète».
La tendance tribale des jeunes, après être entré dans le monde du travail, va imploser dans le respect d’un mode de vie plus traditionnel?
Ces jeunes générations sont le “laboratoire” métaphorique d’un mode de vie. Pour le moment ce processus se limite à ces jeunes générations, mais, par contamination, cela va se développer dans l’ensemble du corps social. L’une des expressions de cela en France, par exemple, est le fait que la structure familiale d’un homme et d’une femme est en train d’éclater: actuellement deux mariages sur trois cessent au bout de deux ans. Pourquoi il y a ce taux? Parce que simplement il y a une autre manière de vivre qui a été initié au cours de la jeunesse. C’est pour cela que ce mode de vie représente une contamination. C’est parce qu’il y a de nouveaux modes dans la sexualité, dans la manière d’être, dans l’occupation de l’espace, etc. qu’après on ne se satisfait plus de la simple vie familiale. C’est pour cela qu’on ne peut plus dire «oui ce n’est qu’un moment, après on rentre, on se normalise, on se marie, on va avoir des enfants, un métier.» Cela n’est plus tout à fait vrai maintenant. Il y a des statistiques sur Paris et New York qui montrent que le 50% des Parisiens et new-yorkais sont intra-mores, des célibataires. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y ait pas de vie sexuelle, mais qu’il y a une vie sexuelle libre. Il y a de vrais changements de paradigme. En projection, les maladies urbaines qui étaient le propre de l’isolement familial vont laisser la place a des tribus avec des changements très importants sur la vie sociétaire.
Quels événements exceptionnels est-ce que nous pouvons en attendre? Un Moyen Age nouveau?
À mon sens il y a un processus inéluctable qui va voir se développer cette possibilité de nomadisme. C’est quelque chose qui est assez proche de ce qui s’est passé au Moyen Age quand on peut circuler dans tous les sens, il n’y avait pas de frontières. Tout pouvait circuler, même la maladie, la peste, donc actuellement c’est le Sida, maintenant c’est le virus de la grippe A. Je ne connais pas à fond le débat sur le pont de Messine, mais je sais qu’il y a eu des protestations au Piémont contre le train à grande vitesse. Qu’il y ait des processus de peur c’est compréhensible, ça va encore exister. Mais il y a quelque chose d’inéluctable dans le développement de cette circulation. Encore une fois il faut rappeler que la circumnavigation par Internet favorise le désir d’aller voir l’autre, de rentrer en contact. Nous avons fait des études démontrant que des tribus musicales dans une petite ville du Sud Ouest de la France rentraient en contact avec des mêmes tribus musicales de Prague ou de Bratislava par Internet et puis, du coup, donnaient envie d’aller se visiter. Donc il y a «circulation». Du moment où il y a le désir de circuler, je dirais presque une pulsion de circuler, du coup ça va favoriser les éléments qui unissent: les ponts, les trains à grande vitesse, les avions. La multiplication des compagnies aériennes low cost est un exemple intéressant. Qu’on le veuille ou non, s’il y a désir, il y aura une réponse technique. C’est évident que, dans ce moment-là, il y a des craintes, il y a des manifestations de la peur, il y a des rétrécissements presque sur des positions très archaïques. Prenons ce qui s’est passé à Rosarno, le petit village dans le Sud de l’Italie. Un évènement qui montre comment peuvent exister une xénophobie, des peurs qui sont une normale conséquence du nomadisme qui d’un coup conduit à la libre circulation en soulevant des craintes. Nous sommes exactement dans ce moment. La peur est toujours hystérique. Le propre de la peur c’est qu’elle ne s’adresse pas au cerveau, elle s’adresse au ventre. Elle est irrationnelle. À bien des égards, ça veut dire que, à contrario, ça montre l’importance du nomadisme. En France il y a des processus semblables: on a peur de l’étranger (des Arabes, des Roumains), de l’autre. Mais, qu’on le veuille ou non, nous nous trouvons face à un processus inéluctable. Et ça va ré circuler, dans le vrai sens du terme.
La mafia et les mafias sont des exemples de réalité tribale
C’est difficile parce que je ne connais pas assez le système de la mafia qui en France est moins affiché qu’en Italie. Dans mon livre Le temps des tribus. le déclin de l’individualisme dans les sociétés de masse. La Table Ronde, 2000, j’ai souligné qu’ils existent des aspects positifs et négatifs du tribalisme. C’est-à-dire qu’il y a d’un côté des formes de générosité, de solidarité. Et de l’autre côté il y a du pire, comme le protectionnisme criminel, une forme de défenses très corporative. Notre espèce humaine n’est jamais ni tout blanche ni tout noire. C’est le “clair-obscur” de l’existence si je peux le dire.
Les Italiens sont corporatifs, protectionnistes, sédentaires, pour la plupart propriétaires de leur maison.
Je ne suis pas sûr que l’idée de propriété est quelque chose qui va se développer. Le divorce crée énormément de problèmes comme de diviser un appartement. Ce grand développement du tribalisme va fragiliser l’idée de propriété qui est une idée bourgeoise, de la modernité. La post modernité est beaucoup plus aléatoire: on ne va pas s’établir, on ne va pas acheter un appartement, on fait circuler beaucoup plus les biens. Il y a des études qui montrent que les voitures mêmes ne seront plus de propriété individuelle. Alors que la voiture c’était le sommet de ce qu’on achetait, et maintenant l’idée de covoiturage qui est en train de se développer dans nos villes montre bien que même cet objet qui est un peu plus individuel est en train de laisser la place à autre chose.
Mais les Italiens se voient individualistes, le Berlusconisme est-il un modèle de référence?
Il fallait questionner un sociologue italien… Mais je vois comme grande tendance de fond la dimension tribale, le “sociétal“ qui n’est pas de simple social. Ce concept, qu’on ne voit pas uniquement en France, va prédominer pour dépasser le concept de propriété. De la voiture, de la maison, de l’appartement., Je ne saurais pas quoi dire à propos de Berlusconi. Mais je peux m’exprimer à propos de Sarkozy. Dans sa campagne électorale, il ne cessait de répéter qu’il fallait devenir propriétaire, que tout le monde devrait devenir propriétaire. C’était le leit motiv de sa campagne. Et l’on voit bien comment cela ne correspond pas vraiment au mouvement de fond. Il n’est plus en phase, il n’est plus en syntonie. Mes deux livres par lesquels je suis connu - «Le temps des tribus» et « Du nomadisme » qui ont été traduits dans divers pays – traitent ces deux pôles: retour de la tribu et circulation.
Les tribus, le nomadisme, la circulation sont les réponses à la trahison du progrès?
Le mythe du progrès est une idée moderne. C’était une grande idée du XVIII ème, du XIX ème siècle. Mais je ne suis pas sûr que le progressisme soit encore une idée post-moderne.
Il va être supplanté par - j’utilise un oxymore - “l’enracinement dynamiques“. Le «glocal» (qui est l’union des mots global et local) qui fait qu’on l’est très enraciné dans la région, dans le village, le terroir, le territoire et en même temps on est aux quatre coins du monde. L’un de mes anciens amis italiens, Giuliano d’Empoli - sociologue italiano, 1973 - qui est un essayiste assez connu, montre un retour des grands voyages de la période pré moderne de Marco Polo. Il y a donc à la fois le retour aux racines, l’attachement au terroir, aux produits du terroir, aux fruits du moment, et puis en même temps le fait que je peux partir à Tokyo, que je peux passer 15 jours à San Paolo, à Rio, etc. C’est ça l’enracinement dynamique. Ce n’est plus du progrès dans le sens simple du terme. Ce n’est plus le grand mythe du progrès qui faisait que l’on dépassait son lieu, l’on allait vers la parfaite société, uniforme de partout. Les villes modernes étaient toutes cela. Ces villes pouvaient donner les dépressions, les maladies. Maintenant je suis plutôt optimiste parce que je pense qu’il y a une poussée qui fait que l’on circule, l’on voyage et en même temps qu’il y a des racines.
Du point de vue de l’urbanisme il y a des exemples de ce phénomène?
Oui, il y a d’exemples intéressants, mais pas en Europe. Ces grandes mégapoles à Seul, à Tokyo, à San Paulo ne sont plus des villes. C’est de la conurbation. C’est la ville à la campagne. Ce n’est plus la ville centralisée telle qui pouvait être Rome, Milan, Paris, Cologne, Madrid où il y avait un centre important, administratif, du pouvoir, ecclésiastique, etc. et des périphéries. J’appelle cette conurbation une jungle de pierre. Et dans le fond, les mégapoles post-modernes, qui ne sont pas des villes, c’est une autre conception de l’Urbaine. À Shanghai, à Hong Kong, même Daubai, la folie de Daubai, des grandes et belles constructions s’inscrivent dans une conurbation, c’est-à-dire où il y a plusieurs villes dans une ville. Pour moi le modèle c’est Tokyo, avec 40 millions d’habitants–, – l’Italie dépasse de peu les 60 millions d’habitants, statistiques Istat 2009 - c’est le prototype. Ou Mexico car là il y a quelque chose qui fait dire qu’elle est une jungle. À l’intérieur de cette jungle, il peut y avoir de belles constructions, des palais des grands architectes, mais ce n’est pas le Louvre, ce n’est pas un centre. Il peut y avoir un palais et un kilomètre après un autre en français, je dirais en pointillé, avec plusieurs lieux symboliques où les tribus se retrouvent et dans lesquels s’identifient. J’emploie le mot du “haut lieu”: c’est cette conurbation très large, très lâche, où l’on peut y avoir des cristallisations de hauts lieux, où telle ou telle tribu va se retrouver, va se reconnaître. Tokyo possède ces hauts lieux.
Ces tribus peuvent avoir une identité culturelle, musicale, sexuelle, religieuse, sportive. Ce n’est plus une identité nationale dans le sens classique du mot “nation”. C’est vraiment des identifications qui vont se faire à partir d’une spécificité de rencontre sexuelle, sportive, religieuse. Et donc selon mon identité du moment, je vais me retrouver dans tel ou tel lieu.
Je crois qu’il y ait un vrai changement de paradigme aussi: une porosité entre le privé et le publique. Au XIX ème siècle on parlait du “mur de la vie privée” qui marquait la séparation entre la vie publique et le privé. Aujourd’hui ce mur est totalement poreux. Quand on regarde la télévision tout le monde parle de sa sexualité - ce qui était arrivé à Silvio Berlusconi est un exemple en Italie - ce mur devient poreux. Ce qui était impensable, il y a trente ans ».
Quel est le devoir du sociologue par rapport au travail de l’urbaniste?
Dans mon livre Notes sur la postmodernité, Editions du Fèlin, Paris 2003, j’ai utilisé la phrase Le lieu fait lien en jouant sur l’euphonie entre le lieu et le lien. Par là je voulais dire que les sociologues de la modernité se n’étaient pas beaucoup intéressé à l’espace. Ce qui était important à cette époque c’était l’histoire. Et donc l’urbanisme était dans le fond secondaire. Je crois que la post-modernité redonne un peu cette lettre de noblesse à l’espace, à l’urbanisme de la ville. L’on est en train de repenser la ville, de refaire la ville tout comme au Quattrocento, dans la Renaissance on avait donné de l’importance à l’espace et au vivre ensemble. Maintenant peu importent les sociologues. Mais ceux qui s’intéressent à la vie sociale vont êtres obligés de s’intéresser de plus en plus à l’espace. Et c’est ce que j’appelle en français le lieu fait lien. J’interviens souvent dans des colloques d’urbanistes et j’ai été appelé à participer à des réflexions sur le projet du Grand Paris qui me paraît très intéressant. Pour moi il signifie voir ce qu’on peut faire en Europe de ce qui existe à Mexico, à Tokyo ou autre en dépassant le modèle centralisé de la ville moderne. Toutes les villes européennes – comme le philosophe Walter Benjamin le montrait - étaient centrées. En ce lieu, il y a plutôt cette idée de conurbation sur la jungle de pierre. Quelque chose qui est beaucoup plus lâche, bien large. Le fait qu’il n’y ait plus des vraies différences entre la nature, la campagne et la ville va être à mon avis la grande tendance. Et le Grand Paris en est l’expression en gestation. Je trouve que c’est un projet très ambitieux, très innovateur. Je ne sais pas si ça va se réaliser. Mais je le pense car rejoue cette conurbation que l’on trouve dans les mégapoles orientales. Je collabore beaucoup aussi avec le collègue italien, le professeur Massimo Di Felice. à San Paulo où l’on travaille sur le développement technologique, Internet, les réseaux et comment on ne peut plus penser la ville sans son intégration avec le développement technologique.
Milan, 29 janvier 2010
Daniela Paola Aglione
Traduction Elisabetta Carli
HOUSE, LIVING AND BUSINESS
Par les nouvelles technologies post modernes change la conception d’espace de vie, dans l’ère « glocal » les tribus métropolitaines circumnaviguent le globe



